Le Bilan de Sarko est à la gare du Nord

Il n’y a pas que les sbires de l’intérieur qui ont tenu à fêter le départ de Sarko du ministère de l’intérieur. Un nombre important de jeunes français ont tenu à célébrer la chose dans la gare du Nord, ce mardi 27 mars.

L’histoire est trouble, et il y a suffisamment d’article sur le sujet chez les grands médias pour qu’on s’épargne la peine de tout retranscrire ici.

Reste le constat de la soirée, qui à tout à voir avec le bilan de l’ex sinistre de l’inférieur. Le constat est que la police répressive, la « tolérance zéro », la stigmatisation répétée des communautés par le candidat pétainiste, les rafles de sans papiers, les contrôles musclés aux écoles, bref, l’ensemble des politiques de ségrégation – puisqu’il faut bien utiliser les mots les plus appropriés pour décrire les faits – ont pour résultat une jeunesse qui se dresse face à l’ordre établi, et pour qui, désormais, lacrymo et matraque sont synonymes de Sarkozy.

Ont trouve facilement les vidéos sur la toile, et comme l’époque est propice, on trouve aussi les commentaires des hyènes du FN, qui sont décidément trop débiles que pour être prises en compte. C’est comme ça, on trouve toujours plus bête que la bête.

Dans ces émeutes, il est un fait qui devrait intéresser tout sociologue qui se respecte. Lors des affrontements entre les jeunes français et les forces de l’ordre, la gare du Nord est restée ouverte, et les rames continuaient à circuler. Ceci implique que des voyageurs circulaient dans la gare au moment même des affrontements. On reprochera bien évidement aux forces de l’ordre susnommées, et surtout à leur hiérarchie, le fait de ne pas avoir fermé la gare et stoppé tout trafic.

Quoiqu’il en soit, jusqu’à preuve du contraire, les seuls désagréments que les voyageurs ont pu rencontrer sur leur chemin sont …probablement les gaz lacrymo des policiers. Cela signifie surtout que l’émeute en question, rejoint directement les émeutes de banlieues, dans une même symbolique. Ainsi la jeunesse s’attaque au pouvoir et à son institution répressive, pas aux autres citoyens. C’est important de le souligner, ce ne sont pas des citoyens contre des citoyens, ce sont des citoyens contre l’Etat et sa représentation. Plus encore, c’est contre un homme, Nicolas Sarkozy, que l’omni présence médiatique sur fond de langage agressif à élevé au rang de figure de proue du pouvoir répressif.

La tolérance zéro est une lame à double tranchant, et le candidat présidentiable l’apprendra à ses dépends : une société multiculturelle n’a que faire de l’intolérance et de la xénophobie.

Car que voudraient ils nous faire croire, ces pantins qui gesticulent tout à droite du spectre politique ? Que peuvent encore vouloir dire leur discours haineux lorsque des bretons se battent pour des Maliens, lorsque des parents d’élève se battent pour un Chinois, lorsqu’un médecin béninois reçoit le soutien de tout un village à la suite de propos raciste ? Et ce ne sont que les exemples de la semaine écoulée, des faits dans le genre, il y en a pour ainsi dire chaque jour. Le peuple français n’est décidément pas compris, ni représenté par sa classe politique. Serait ce à dire, qu’à force de vivre en autarcie dans leur tout d’ivoire, les élites dirigeantes seraient définitivement coupées des réalités ? C’est certain, si la France est multiculturelle, la bourgeoisie, elle, ne l’est pas. En retard d’au moins 40 ans.

Le dernier point, et non des moindres, est que, comme en 2002, l'ambiance pré électorale est faite d'insécurité, peut être plus encore, et la couverture des médias doit être suivie avec beaucoup de prudence.




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