José Ier, Roi des antilibéraux.

Ainsi voilà. José Bové incarne donc l’alternative antilibérale de gauche. Il en aura fallu des réunions idéologiquement inutiles (puisque tout est dans le titre) pour que la particratie des uns et des autres s’expriment avec bravoure. Résultat, une foire d’empoigne entre les trotskiste et les marxiste, les écologistes et les altermondialistes, les léninistes et les anarchistes, etc, etc…C’était très drôle, mais le Grand Soir risque encore de se faire attendre.

« Il ne peut en rester qu’un »…comme une vérité qui devrait dorénavant être retranscrite en guise de devise sur le blason de l’antilibéralisme de gauche. Non, ce blason ne sera ni faucille, ni marteau, ne recommencez pas !

Alors ce sera José Bové, agitateur de Mcdo et extracteur de champs d’OGM bien connu qui se retrouve à la proue du mouvement. Et bien soit, ce n’est peut être pas plus mal, même s’il est vrai que le charisme et la plastique du bonhomme ne valent pas ceux d’une greluche d’opérette, glacée toute nue sur une obscure feuille de choux d’une revue « pîpôle ». C’est pas grave, on ne va pas demander à José de bomber le torse et de se faire reluire la fesse pour vendre du calendrier sur les stades de rugby.

Non, c’est vraiment pas plus mal, surtout qu’il est grand temps que la gauche rénove son idéologie, la remette au goût du jour. C’est comme ça, si Marx à produit des analyses économiques pertinentes, vouloir le marxisme ou le communisme pur au 21eme siècle c’est aussi ignorer les échecs historiques d’une dictature prolétarienne sensée devoir remettre l’égalité entre les individus au centre de la société. Et même si ce n'est plus qu'un fantasme masochiste qui effraye certains esprit frileux, l'effet d'épouvantail est réel. Certes, nous somme toujours dans le clivage créé par le capitalisme, et la lutte des classes est encore quelque chose de très réel, très sensible…d’autant plus réel et sensible que la précarité s’étend, que les précarisés sont bien obligés de reprendre conscience de leur condition, de voir qu’en guise d’égalité, on ne leur laisse même pas les miettes, et qu’en prime, on se foute ouvertement de leur malheur.

Le communisme, depuis le début, fait peur à la classe bourgeoise, et les tarés qui ont assis des dictatures en son nom n’ont évidement rien arrangé. Il fait peur parce que ses postulats sont exacts, et parce que ses solutions sont de toute façon incompatibles avec un monde capitaliste pour l’entourer, et donc avec la vision de la classe bourgeoise, propriétaire des moyens de production. Mais il faut croire qu’il y a beaucoup de nostalgie attachée à ce nom de « communisme », gageons que quand la gauche sera à nouveau unie, ce sera sous une bannière neuve, ce qui ne lui empêchera nullement de plonger ses racines dans tous les mouvements historiques des luttes sociales.

Car tout est économiquement là : les moyens de production. Qu’ils soient la propriété d’intérêts privés ou collectifs n’est en fait même pas le problème. Le tout, c’est que ces moyens de production soient contrôlés par des lois fortes et équitables. On l’oublie trop souvent, mais une loi, c’est encore, dans une démocratie, l’alpha et l’oméga de la collectivité : faites pour et par le peuple. A condition que les représentants du dit peuple ne soient pas les corrompus de lobbys plus puissants qu’eux, à condition que la séparation des pouvoirs – dans lesquels il est dorénavant indispensable d’inclure le pouvoir médiatique et le pouvoir économique – ne soit pas qu’un prétexte à davantage de collusion.

Alors, José Bové à la tête des antilibéraux de gauche, pourquoi pas ? On est au moins sur qu’il va mettre les pieds dans le plat, et mettre un peu d’ambiance dans cette réunion tuperware qui nous sert de campagne électorale. Et puis il faut bien aussi se dire, que la présidence, c’est rapé…hé ouais, c’est con mais c’est comme ça. Pour ça, il aurait fallu dès le début que les leaders convoqués aient les épaules pour porter le mouvement au-delà de ses limites. avoir du révolutionnaire dans son titre et/ou ses discours et passer à côté d’une occasion pareille, c’est dommage. Et on imagine pas un embouteillage de charrettes de la terreur sur les boulevards parisiens en écrivant ça, il est des révolutions fermes, mais pacifiques

Mais c’est comme ça. Et ce mouvement des antilibéraux de gauche, ce sont surtout les personnes qui le composent, les réflexions qui en naissent, les idées qui en surgissent. C’est par de nouvelles idées qui s’imposeront à tous par leur évidence que nous construirons les outils qui mettront le capitalisme au rayon des souvenirs de l’Histoire. Et la présidentielle n’est pas une fin en soi, le pouvoir n’est pas une fin en soi – a part pour les cas pathologiques, mais on ne va pas parler de la droite dans cet article – ce qui compte c’est de peser concrètement sur la politique nationale et locale. Il y a d’autres échéances électorales très rapidement, et il faudra y faire entendre notre voix. Et si Bové met en priorité absolue le fait d’éviter le Sinistre Sarko, on ne peut pas lui donner tort, c’est un choix stratégique qui se place déjà dans le long terme, et ça, c’est plutôt une bonne nouvelle.

On en parle :

http://www.unisavecbove.org/spip.php?article1
http://josebove.over-blog.com/
http://www.yetiblog.org/


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