EADS, vol au dessus d’un nid de termites

Le dernier mélo drame de la Chiraquie, à moins que pendant les quelques mois qu’il lui reste, elle réussisse à faire encore mieux.

On chante l’ultra libéralisme, on se vante de pouvoir en faire tant et plus, et pourtant, quand celui-ci se bouffe la queue, c’est les Etats, et à travers eux les citoyens qui vont devoir éponger l’ardoise. Et une ardoise de la taille d’un A380, quand bien même muni de logiciel incompatibles entre eux, ça se colle pas dans le jardin ainsi, en attendant le passage du ferrailleur.

Privatisés, Airbus et EADS , cotés en bourse jusqu’à atteindre en mars 2006 des sommets de rentabilité, un exemple pour la jeunesse désoeuvrée de nos quartiers populaires. Six (6) mois plus tard, l’action a perdu un tiers de sa valeur, lancée dans les championnats du monde de descente à ski, elle va nous rapporter son lot de médaille d’or de l’incompétence et du parasitage de fonds publics.

Une belle histoire de technologie, un peu comme cet autre exploit technologique sous forme de tunnel vers la perfide Albion, une autre histoire de collaboration entre deux Etats et des entreprises privées. Privées de toutes compétences, de tout sens moral, et probablement privé d’un quelconque sens des affaires, au vu des résultats. Néanmoins, reconnaissons les succès d’Eurotunnel, aujourd’hui, pleins de clandestins peuvent mourir d’asphyxie, enfermé dans les camions de Sangatte.

Pour en revenir à nos moutons, l’avion le plus gros du monde se dégonfle telle une baudruche, pour devenir la plus splendide arnaque du 21eme siècle naissant.

Mars 2006 donc, l’action EADS à son plus haut niveau, six membres du comité exécutif du groupe, et ses deux principaux actionnaires, Lagardère (tient, un pote à Sarko) et Daimler Chrysler, empoche une plus value estimée à environ 10 millions d’euro, dont, souvenez vous, 3,7 millions pour le seul Noël Forgeard. Quelques jours plus tard, l’action entamait sa chute libre vers les bas fonds des cotations boursières. Des retards dans la livraison de l’A380, de l’A400m (avion militaire) et d’autres broutilles, annoncées en fanfare dès le 6 avril 2006. Quel flair cette élite française, de sentir ainsi le vent tourner au bon moment.

Bien joué, en effet. La cession massive d’actions du groupe EADS à permis au deux groupes privés d’éviter une perte de 1,5 milliards d’euros. Quand on sait que les Etats français et allemands détiennent chacun 15% du capital, et cherchent activement à trouver les moyens de réinjecter du liquide dans l’entreprise. Pas la peine de compter sur ceux qui se sont désengager après avoir empocher le pactole.

Ainsi, les Etats vont avoir à assurer la survie d’EADS, à assumer l’incompétence des dirigeants qui se sont succédés à la tête de l’avionneur. Mais il ne faut pas oublier que ces mêmes dirigeants sont comme culs et chemises avec les politiques. Ainsi on se souviendra des délires Villepinesques sur les qualités innées de Christian Streiff, désingueur de zinc et chef, la veille même de la démission de celui-ci et de son remplacement par Louis Gallois, dernier chirugien chargé de scalpéliser le surplus de masse salariale. On se souviendra des caprices de Chirac, des mensonges de Breton...à moins que la magnifique classe moyenne préfère se souvenir qu'il n'y a plus d'essence dans le camping-car, encore la faute des squatteurs.

Quoiqu’il en soit, lorsqu’une entreprise capitaliste doit éponger ses misères financières, c’est bien entendu du coté de la masse laborieuse que ses dirigeants vont lorgner. Il faut réduire les coûts de production, restructurer, limiter la casse. La casse limitée, pour le milliard et demi concerné, ce sera 10 000 suppressions d’emploi. Bienvenue chez les dingues.

Mais bon, éponger n’est pas tout. Il va falloir réinjecter du sonnant et trébuchant histoire de poursuivre les infinies finitions sur l’A380…coder un tout nouveau logiciel, former les techniciens, faire les tests, 18 mois au bas mot. Il va falloir aussi financer le développement de l’A350, histoire de ne pas se faire bouffer tout le marché par Boeing, qui se frotte les mains. Bref, il va encore falloir trouver 2 milliards d’euro supplémentaires. Se faire arnaquer par des dirigeants privés, bon, c'est à la justice (ahahah) de faire son oeuvre...se faire arnaquer (pour la xeme fois) par des dirigeants élus au suffrage universel, c'est aux citoyens de faire leur oeuvre.

Les termites se sont nourries sur le dos de la bête, et aujourd’hui, contribuable, mon frère, prépare toi à apprendre que le chômage baisse sans cesse, que Sarkoleon est là pour te protéger, et que nos gouvernants sont d’une honnêteté rare. Investi donc tes économies dans la production de vaseline, substance fort utile par les temps qui courent.

Bien entendu, cet article n’est qu’élucubration, imagination débordante, qui vogue vers les eaux de l’onirisme, telle une frégate partant pour Taïwan…ou un Mirage.

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