Surgies du sol après la seconde guerre mondiale pour faire face à la crise du logement, elles sont devenues parc où on peut oublier qu'on n'a pas de politique d'intégration. [texte] [video]Les Banlieues, d'hier à aujourdh'ui
"Et si de par le monde, des enfants ont faim, il y aura des hommes pour quitter leur pays". Au temps béni des colonies, comme le déclamait, de sa voix de triste sire, un chanteur populiste...seulement voilà, en guise de civilisation, ce furent des assassinats culturels, dont on retrouve d'ailleurs les cadavres aujourdhui encore dans nos musées. En guise d'avancées technologiques, ce furent surtout des routes pour relier les mines diverses au port regardant vers l'Europe. A travers les républiques, il n'y a jamais eut que la droite catholique pour y trouver quelque rôle positif. Ils en sont tellement peu sur qu'il leur faudrait bien une loi pour s'en assurer.Ce petit documentaire retrace la naissance des banlieues, à une époque ou la main d'oeuvre peu qualifiée devait être trouvée hors des frontières. Seulement, capitalisme et mondialisation oblige, les inconséquences d'hier nous font face aujourdhui. C'est aussi les petits esprits fermés sur eux même qui sont ici fustigés, mais également l'incurie politique, qui ne s'est jamais attaquée concrètement au problème de l'intégration. Imaginer placer des familles dans des tours qui feraient fuir le plus pacide des agoraphobe, en comptant sur le fait qu'elles y resteront des générations entières sans même imaginer se revolter, c'est simplement idiot. Pire, c'est une isolation coupable qui nous conduit jusqu'à aujourdhui, où les banlieues, progressivement coupée de la ville, sont devenues des zones plus proches du ghetto que du confort pavillonaire bourgeois.
La République n'est pas en cause, car comme le disait Jaurès, la République, c'est le grand meneur. Et le grand meneur cherche toujours, à coté de "liberté", à pouvoir tranquillement afficher "égalité" et "fraternité". Les conservateurs ne voient rien devant eux, ils ne gèrent que les expédiants immédiats leur permettant d'affermir leur emprise sur le pouvoir, de conserver un système qui les privilégie. Sous leur dehors traditionnels de modernisme, ils n'ont aucune vue évolutioniste, renient les errements de leurs prédécesseurs, et refusent d'en assumer les contradictions...il faut dire qu'ils ont fort à faire avec les leurs. Ce début de 21eme siècle ressemble beaucoup à la fin du 19eme, même crispation, mêmes angoisses. Remplacez Panama par Clearstream, l'antisémistisme par l'islamophobie, il ne manquerait donc qu'un capitaine à accuser de trahison. Issues des même luttes, étudiants et travailleurs d'aujourdhui savent ils qu'ils jouent toujours le même jeu que leur parents, et qu'ils ont en face d'eux les mêmes accapareurs, les mêmes bonimenteurs ?
" Vous avez fait des lois d'instruction. Vous avez décrété l'instruction rationnelle, vous avez été laïques. Mais qu'avez vous fait là ? Eh bien vous avez interrompu la vieille chanson qui berçait la misère humaine, et la misère humaine s'est réveillée avec des cris, elle s'est dressée devant vous, et elle réclame aujourd'hui sa place, sa large place au soleil du monde naturel, le seul que vous n'ayez point pâli." (Jean Jaurès, discours à l'Assemblée, le 21 novembre 1893)















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