Attention, le sarkozisme nuit gravement à la démocratie. Ne pas consommer sans avis médical [texte]Sarkozisme, l’opium du peuple.
Il est des choses passionnantes et utiles dans la vie : préparer des confitures, sortir le chien, chanter sous la douche…Pourtant, parfois, il est nécessaire de se pencher sur des problèmes bien moins frivoles. Et à se pencher sur celui-là, outre le risque non négligeable d’un tour de rein du à l’action de s’abaisser à un niveau très bas, on a parfois l’impression de passer la porte qui mène vers la quatrième dimension.Mais La Fille du Père Noël est prête à bien des sacrifices pour ses honorables lecteurs. C’est donc armée d’un stoïcisme blindé qu’elle est partie sur les chemins qui dessinent la route du sarkozisme. Une route toute droite, qui, d’ornières en ornières nous amènera directement au supermarché de la démagogie. On trouve de tout chez Sarkorama, outre les karchers bien connus, c’est une foule d’articles en promotions qui vous attendent dans tous les rayons, à chaque étal.
Vous ne serez sans doute pas contre un morceau de canard, fut il enchaîné ? C’est dans l’édition de cette semaine (28/06) qu’on retrouve l’heureuse formulation faisant référence aux temples de la consommation.
« On trouve de tout à Sarkorama. Du libéralisme, du gaullisme, de l’altermondialisme, du gauchisme. Ce n’est plus un candidat, c’est un supermarché. Dans son discours d’Agen, l’homme-qui-fait-bouger-les-lignes a fustigé les « patrons-voyous », qu’il a traité tout simplement de racaille. En attendant de passer les cités du 9-3 au karcher, Sarkozy n’a pas précisé si son pote Arnaud Lagardère en faisait partie, ni si l’actionnaire d’EADS pratiquait lui aussi « l’outrance, qui est une insulte à tous ceux qui travaillent dur pour gagner leur vie ». L’extrême gauche aurait elle trouvé son candidat unique ? » (Le Canard Enchaîné)
De tout et à tous les étages, donc…un peu comme la nouvelle industrie de la prostitution spéciale coupe du monde : des blondes, des brunes, des noires, des rousses, des poilues et des rasées. Car il faut bien faire patienter le nouveau militant chèrement acquis lors de hautes luttes adwordiennes (cf : la campagne publicitaire de l’UMP sur le net). Ces nouveaux militants (c’est toi le nouveau ? je sais pas, je viens d’arriver…) auront donc de quoi se mettre sous la dent entre deux joutes dialectiques ineptes, propres à toute campagne présidentielle digne de ce nom. Ceux qui en plus auront assisté à la coupe du monde pourront au minimum voir leur gourmandise fustigée.
Pour s’y retrouver entre les rayons « populisme », « néo-libéralisme », « arrivisme », etc…le mieux est encore de passer par l’information pour voir si personne n’aurait trouvé les clés ouvrant l’esprit sarkoléonien.
Chez les ambitieux, et surtout chez les politiques, quoi de mieux qu’un livre, surtout lorsque le livre se titre « La République, les religions et l’espérance » et qu’il est signé Nicolas Sarkozy ?
On remarquera le soin de ne pas avoir choisi « Mon Combat » comme intitulé, car avec Devedjian dans l’équipe (qui pour ceux qui ont raté des épisodes importants est actuellement un porte parole sarkoziste de l’ump, et un ancien membre du « Club Occident », collectif d’extrême droite : http://fr.wikipedia.org/wiki/Occident_%28mouvement_politique%29 ) on aurait commencé à se douter de quelque chose.
Ainsi, le Ministre de l’Intérieur, qui est aussi le Ministre des Cultes depuis la définitive séparation de l’Etat et de l’Eglise de 1905, se sent pousser des ailes de philosophe et nous livre en trente minutes chrono, telle une pizza quatre fromages motorisée, sa vision de la chose religieuse. Comme chez Pizza-Express, la masse des emballages successifs prendra beaucoup plus de place dans votre vide-ordure que l’ersatz de pizza dans votre estomac. Heureusement qu’il y a toujours trop de sauce piquante pour faire passer le goût.
Si on ne va pas reprocher au Ministre de faire son boulot en matière de culte et d’intérieur, c’est bien entendu sur la manière et sur le fond, comme d’habitude, que les divergences vont voir le jour.
Dès la page 14 de « La République, les religions et l’espérance », on s’égratigne déjà sur un paragraphe épineux. « La question spirituelle existe très exactement depuis que l’homme à pris conscience de son destin particulier, celui d’être un humain ».
Il est rassurant qu’il nous soit confirmé que l’homme est un humain, comme le chat est un félin, mais on ne va pas s’arrêter à ça (ah si, on s’est arrêté). « La question spirituelle, c’est celle de l’espérance, l’espérance d’avoir, après la mort, une perspective d’accomplissement dans l’éternité [ … ] . Pour fondamentale qu’elle soit, la question sociale n’est pas aussi consubstantielle à l’existence de l’humain que la question spirituelle."
Victor Hugo, une des figures de proue de la Libre Pensée s’en retourne probablement encore dans sa tombe, au point qu’installer une dynamo au panthéon devrait faire beaucoup pour les énergies renouvelables. On sent poindre dans le paragraphe incriminé la pensée qui guide l’homme dans son action quotidienne et malheureusement politique. Dire que la question sociale n’est pas aussi consubstantielle à l’existence de l’humain que la question spirituelle, c’est dire que l’humain est un être spirituel avant un être social, un individu et son âme, voilà déjà la racine profonde de l’individualisme. L’humain est d’une nature individuelle ET collective, on ne peut les scinder, ce n’est pas l’un ou l’autre, c’est l’un et l’autre. Dans la nature même des choses, c’est en respectant ces deux aspects qu’on parvient à l’harmonie, équilibre précaire s’il en est. Ainsi, Nicoléon nous confirme qu’il est bien le produit de son milieu tout en étant un homme de son temps : Un individualiste forcené.L’ennui aussi, c’est que cette approche de l’espérance, on la connaît bien, elle nous fait bondir…de plusieurs siècles en arrière. En un temps ou les derniers seront les premiers, un temps où les pauvres de ce monde avaient l’espérance de richesse dans la Divine Eternité, de par le simple fait de leur pieu comportement. On se souviendra aussi du signe de croix prodigué par le Ministre lors d’une cérémonie officielle. Manifestement, « le produit de son milieu » a du sécher les cours d’histoire lorsque ceux-ci évoquaient la Révolution française. Issu d’une famille de noble extraction, nous mettrons cette absence au fait d’avoir à soigner un torticolis chronique lorsque sont abordées des questions de grosse machine en bois avec une grosse lame dedans.
Mais bon, le ci-devant Ministre en fonction n’en était encore qu’à sa quatorzième page, poursuivons la lecture sans plus attendre, pour nous arrêter sur la page 15…oui, ça va vite.
« Les fidèles des grands courants religieux ne demandent rien d’autre que la liberté de vivre leur foi. Ils acceptent difficilement d’être perçus comme une menace, voir un danger ».
C’est vrai ça ! Un danger, comme si on pouvait trouver quoi que ce soit dans la longue histoire de l’humanité qui puisse ressembler à de l’inquisition, de l’obscurantisme, du génocide ou a de la guerre de religion au nom d’une quelconque crise de foi ?
Maître ès dialectique, Sarkozy ne manquerait pas de souligner sa modernité et sa volonté d’aller vers l’avant. Force est de constater qu’il doit regarder dans son rétroviseur pour ce faire, car pas plus loin qu’à la page 18, on découvre ce morceau : « […] La religion catholique à joué un rôle en matière d’instruction civique et morale pendant des années, lié à la catéchèse qui existait dans tous les villages de France […] »
Décidément moderne lui aussi, outre son rôle de nouvelle centrale électrique, Victor Hugo se fendait, le 14 janvier 1850 d’un discours sur l’enseignement clérical :
« Je m'adresse donc au parti clérical, et je lui dis cette loi est votre loi. Tenez, franchement, je me défie de vous. Instruire, c'est construire. Je me défie de ce que vous construisez. Je ne veux pas vous confier l'enseignement de la jeunesse, J'âme des enfants, le développement des intelligences neuves qui s'ouvrent à la vie, l'esprit des générations nouvelles, c'est-à-dire l'avenir de la France, parce que vous le confier, ce serait vous le livrer. »
Rajoutons qu’une circulaire d’application de la loi de décentralisation du 13 août 2004 étend aux écoles privées le bénéfice du forfait communal régi par l’article 89 de cette loi. Autrement dit, les frais de fonctionnement jusqu’alors accordés aux écoles privées sont désormais étendus, nous indique le quotidien La Croix, « à l’entretien des locaux, au mobilier scolaire, au matériel informatique, à la rémunération des intervenants extérieurs, au transport pour les déplacements sportifs, etc. ». (http://www.librespenseursdefrance.org/Editorial.htm)
Ma parole, il en est qui jouent à la pétanque avec les valeurs républicaines.
Mais c’est à la page 19 de « La République, les religions et l’espérances » que nous mettons la main sur un point essentiel : « […] Parce que aujourd’hui l’islam, au même titre que les religions juives et chrétienne qui sont présente depuis plus longtemps dans la société française, à un nouveau rôle à jouer. Partout en France, et dans les banlieues plus encore qui concentrent toutes les désespérances, il est préférable que les jeunes puissent espérer spirituellement […]"N’en jetez plus. C’est pas clair ? Pas question de faire quoique ce soit pour les banlieues, la pauvreté en général, outre le seul fait d’organiser « l’espérance spirituelle »…Ah oui, c’est tres spirituel, mais je crains que les habitants des dites banlieues ne voient pas nécessairement la chose de cet œil. Ainsi, avec le Medef qui se verrait bien réinstaurer le servage, nous avons un candidat à la future présidentielle qui se verrait bien remettre au goût du jour les même valeurs, tellement modernes, qui étaient en vigueur sous d’anciens régimes, en d’autres siècles.
On se demande pourquoi Lamartine se décarcasse, lorsque pour un discours sur l’enseignement, il titrait « Nous déclarons la neutralité de l'Etat en matière de culte ». Manifestement, la neutralité républicaine est en train de se faire botter le culte.
Benoitement (et seizement), le petit Nicolas déclare en page 20 : « Je ne crois pas qu’une société a besoin d’être religieuse pour exister, mais je pense que les religieux, les femmes et les hommes spirituels, les hommes de foi sont un élément apaisant. Oserais-je dire civilisateur ? »
Oui, il a osé dire civilisateur. Galilée, au troquet du coin, attablé devant un kir breton avec Giordano Bruno, me le confirmait encore hier soir. D’ailleurs, le renouveau du mouvement créationniste est le preuve par l’œuf que la poule n’a rien à voir dans tout ça, c’est Dieu qui pond. Trop moderne.
Et puis c’est le mot « apaisant » aussi, qui ne fait que confirmer ce que la Fille du Père Noël vous élucubrait il y a trois paragraphes seulement.
Bon, et page 23, on a droit à la millionième reprise de la phrase d’André Malraux « le 21eme siècle sera religieux ou ne sera pas « …Sauf que c’est « le 21eme siècle sera spirituel, ou ne sera pas ». Quitte à reprendre un oracle, autant le faire correctement, car il y a toute une différence entre « religieux » et « spirituel ».
Et Sarko le prophète de rajouter, page 29 « D’ailleurs si l’Eglise de France n’a pas le souci des pauvres, qui l’aura ? »
Mais on te le demande ! La messe est dite, le pauvre est pauvre parce que c’est spirituel, probablement. Quant aux riches, il leur reste bien l’Opus Dei, ils ont déjà pleins de potes en place : Pineau-Valencienne, Louis Schweitzer (ex Renault), Christine Boutin, Monsieur et Madame Hervé Gaymard (monsieur 600 m²), que du beau monde, moderne, tolérant et tout.
Et dans le même paragraphe, d’enchaîner : « Ce serait une grande méconnaissance du rôle des Eglises dans les équilibres de la société, que de contester cette mission de soutien, de pardon et de réconfort ». Clair, il faut pardonner au pauvre lorsqu’il ne peut s’acquitter de sa dîme, et réconforter le riche en stock-option.
« Je n’ai jamais fait de procès à l’Eglise ou à ses prêtres pour leur engagement social et fraternel. C’est leur responsabilité et ils l’assument bien. » . On est en plein 17 eme siècle, et on assiste à une discussion de salon sur les banalités des gueux, c’est du fondamentalisme moderne.
On vit une époque formidable. Les médias nous imposent leurs intello passe-partout, aussi peu futés qu’imbus d’eux même, qui d’un droit probablement divin se considèrent comme les références culturelles universelles. Il manquait un prophétique messie, Saint Nicolas ne peut être que celui là, qui s’élance franchement : « Le regain de la religion témoigne pour une part du mal de vivre, du besoin de sens de ceux qui se sentent écrasés par une vie qu’ils ne parviennent pas à maîtriser. ». Prétendre le regain de la religion alors que les églises sont vides, c’est un peu voir les choses à travers le filtre de sa propre vie. Dès lors, qui donc ne parvient pas à maîtriser sa vie pour avoir tant besoin de spiritualité religieuse ?
Supportant l’essais philosophico-théologiste comme on peut jusqu’en page 63, on tombe sur un morceau choisi qui va décupler la production électrique de la dynamo installée sur Victor Hugo. « Le message universel du christianisme est un message d’ouverture et d’acculturation. Les responsables catholiques devraient se réjouir de ce que des jeunes aient la foi, plutôt qu’un agnosticisme désespéré […] »
Les Libres Penseurs, dont les agnostiques sont partie, apprécieront. On sentait bien, déjà dans les précédents extraits, qu’il existait une frontière entre ceux qui ont la foi, et ceux qui ne l’ont pas. Mise en parallèle avec la politique sécuritaire du Sinistre d’intérieur, les brebis égarées n’ont pas trente six possibilités : la foi, la résignation ou la prison. C’est comme ça, vous brûlerez des voitures dans la vie après la mort.De lieux communs assénés avec la conviction de l’innocent en errements philosophiques, reste à « La République, les religions et l’espérance » le seul intérêt de nous dévoiler mieux encore la pensée politique du plus célèbre des représentants de la marque Karchër. Il s’agit d’arrivisme, de donner des gages à chacun pour réunir un maximum de voix sur sa personne. Culturellement proche des cercles de la droite chrétienne, c’est très probable, idéologiquement proche des idées néo-libérales, c’est évident. Ainsi, frère Sarkozy est inspiré de la politique américaine, celle-là même qui est au pouvoir aujourdhui. Religion et mesures sécuritaires vont très bien ensemble, et quoi de mieux qu’une théodicée pour couper court à toute compassion humaniste, ou à toute réclamation égalitaire ?
Reste qu’à l’heure où ces lignes sont écrites, frère Sarko à la possibilité de faire preuve de charité chrétienne, puisque nous sommes à deux jours de la fin du sursis accordés aux parents sans papiers dont les enfants sont scolarisés. Préférant encore une fois reporter sur l’espérance d’Eternité les affres de la condition humaine, le Sinistre de l’intérieur s’épanche à chaque occasion sur la honteuse façon dont ces parents ont honteusement eut l’indicible toupet de scolariser leurs enfants. Soutenez les, signez la pétition de réseau Education sans frontière, si ce n’est déjà fait : http://www.educationsansfrontieres.org/article.php3?id_article=24
Enfin, au moins aujourd'hui, c'est Victor Hugo que éclaire la moitié de la France















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