Consommateurs manipulés

Cela n'aura échappé à personne, la publicité est partout. Sur une journée normale, le quidam moyen subit environ 3000 messages extérieurs à caractère publicitaire. D'une manière ou d'une autre, l'entreprise impose son image de marque jusque sur nos chaussettes. Armes d'escroquerie massive.



Au delà de la masse, c'est la technique qui est redoutable, tous les coups sont permis, le but est de vendre, peu importe comment, peu importe pourquoi. Dérives inévitables d'un système qui court vers toujours plus de profits, plus de marchés, la force de vente s'est dotée d'outils puissants, visant non plus à adapter l'offre à la demande, mais au contraire, d'adapter la demande à l'offre. Dis moi combien tu as d'argent, je te dirai où le dépenser le plus vite possible.

La mercatique, puisque c'est d'elle qu'on parle, est donc le moyen de provoquer le désir, d'une manière ou d'une autre...parceque je le veau (!) bien, parceque tout le monde en a un...C'est comme la pêche à la ligne, il suffit de trouver le bon appat. Une fois attrapé, le client devra être fidélisé, on lui offira une carte de fidélité, des coupons de réductions, ou tout autre piège à nigaud qui permettra de s'assurer de la fidélité du poisson...Tout l'art est là, attraper le poisson, lui bouffer un max de chair, mais pas trop, et faire en sorte que l'appat soit tellement appétissant qu'il y reviendra dès que sa chair aura suffisament repoussé. Tout le monde est victime potentielle, ce qu'une entreprise cherche, c'est les brouzoufs....si vous en avez peu, c'est le "peu" qui les intéresse.

Mais la mercatique, c'est vieux, on l'utilisait déjà dans les années 60, aujourdhui, concurence acharnée oblige, c'est le marketing sensoriel qui à la cote. Il s'agit là littéralement de faire perdre la raison aux clients, en les plaçants devant des situations propres à leur faire perdre tout sens rationnel. Au royaume de l'irrationnel, le vendeur est roi.

Le marketing sensoriel, par contre, s'attache aux expériences vécues par le client. Ces expériences ont des dimensions sensorielles, émotionnelles, cognitives, comportementales et relationnelles et non plus seulement fonctionnelles. Il tente d'analyser la situation de consommation dans son ensemble, puis vérifie l'adéquation des produits à l'attente des clients ainsi que la façon de les concevoir, de les emballer et de les valoriser dans un environnement commercial pour les rendre attrayants. Dans ce contexte, le client se laisse plus volontiers guider par ses impulsions et ses émotions que par la raison.

Le marketing sensoriel postule qu'un consommateur est enclin à passer plus de temps et à dépenser plus d'argent dans un lieu où il se sent bien, stimulé par une musique, une odeur, ou une ambiance générale agréable. Dans la même logique, il a tendance à se tourner vers des produits dont la consommation est censée lui procurer ce sentiment de bien-être


Les entreprises manipulent, mais elles ne sont pas les seules. Lorsque les gouvernants parlent de lutter contre le chômage, il font de même...on joue avec les chiffres, avec les statuts, et en fait, le chômage est une donnée économique comme les autres, qui permet d'équilibrer la macro-économie.
La richesse produite s'évapore dans les poches des actionnaires capitalistes par une série de savantes mesures, moulées dans des textes de lois qui font référence. Mais une entreprise est une personne morale, alors qu'un citoyen est une personne "normale". La différence, c'est que pour la première la responsabilité est limitée, légalement, et doublée de par le fait que le peu de responsabilité qui reste est diluée dans le nombres des preneurs de décisions. Un pdg rend des comptes au conseil d'administration qui lui même rend des comptes aux actionnaires...au gros bien sur, pas aux petits porteurs qui n'ont que l'illusion de peser sur quelque chose, ils ne sont que les tristes complices du système qui les manipule. Au final, personne n'est responsable de ce qui se passe, ça se passe et c'est normal puisque c'est la loi du marché. De la même manière, lorsque par son action, une entreprise risque une sanction judiciaire, en terme de millions de brouzoufs d'amende, la seule question qui se pose est : est ce que violer la loi est plus rentable que de ne pas la violer ? Si détruire une foret me rapporte un milliard de brouzouf et qu'on me condanne à une amende de vingt millions de brouzoufs, les jeux sont faits.

Trop d'image tue l'image, trop de bruits tue la réflection. Ainsi, pour lutter contre le chômage, on a le ministère...de l'emploi. Extrait Orwelien :

Le parti cherche le pouvoir pour le pouvoir, exclusivement pour le pouvoir [...] Nous différons des oligarchies du passé en ce que nous savons ce que nous voulons [...] Nous savons que jamais personne ne s'empare du pouvoir avec l'intention d'y renoncer. Le pouvoir n'est pas un moyen, il est un fin. On n'établit pas une dictature pour sauver une révolution, on fait une révolution pour établir une dictature.

Comment un homme établit-il son pouvoir sur un autre ?

En le faisant souffrir. L'obéissance ne suffit pas. Comment, s'il ne souffre pas, peut on être certains qu'il obéit, non à sa volonté, mais à la votre ? Le pouvoir est d'infliger des souffrances et des humiliations. Le pouvoir est de déchirer l'esprit humain en morceaux que l'on rassemble ensuite sous de nouvelles formes que l'on a choisie. [...] Un monde d'écraseurs et d'écrasés, un monde qui, au fur et à mesure qu'il s'affinera, deviendra plus impitoyable. Notre [civilisation] est fondée sur la haine. Dans notre monde, il n'y aura pas d'autres émotions que la crainte, la rage, le triomphe et l'humiliation. Nous détruirons tout le reste, tout.
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Extrait video : The Corporation
[1] Extrait de "1984", G. Orwell

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