les faibles et les pauvres paient le prix de la guerre contre le terrorisme [texte]Amnesty International - rapport 2006
Cela n'aura échappé à personne, ces dernières années ont vu les lois liberticides et autres systèmes répressifs fleurirent dans les champs mal gardés de nos libertés individuelles. C'est toujours les plus petits qu'on écrase, cette vérité se taille encore sa place de choix dans le rapport annuel d'Amnesty International. Extraits :"Intervenant lors de la conférence de presse tenue à l’occasion du lancement du Rapport 2006, la secrétaire générale de l’organisation, Irene Khan, a indiqué que les pays puissants et privilégiés avaient accaparé l’attention et l’énergie de la communauté internationale avec leurs préoccupations en matière de sécurité, au détriment de la résolution de graves crises des droits humains qui sévissent ailleurs dans le monde."
Pour défendre leurs stricts intérêts en matière de sécurité, des États, collectivement et individuellement, ont paralysé les institutions internationales et dépensé en pure perte des fonds publics, sacrifié des principes au nom de la “ guerre contre le terrorisme ” et fermé les yeux sur des violations massives des droits humains. Le monde paie aujourd’hui le lourd tribut de ce comportement, qui a entraîné la remise en cause de principes fondamentaux, provoqué des pertes humaines considérables et ravagé les moyens d’existence de citoyens ordinaires
Profitons en déjà pour noter que cette augmentation grave des dépenses publiques en pure perte ne peut qu'apporter de l'eau aux moulins de ceux qui dénigrent les services publics dans leur ensemble. De là à conclure que cette stratégie sécuritaire favorise les idéologues neo-cons, il n'y a qu'un pas, que la Fille du Père Noël vous invite à franchir avec elle. Il y a à la tête des instances supranationales et financières des gens pour qui l'être humain n'est qu'une constante servant à équilibrer leurs équations de débiles. tenez, il n'y a pas si longtemps, sur un forum perdu, qui est pourtant très loin de la tête des instances précitées, on pouvait lire la charmante théorie économique qui prétendait que diminuer les bas salaire augemente l'emploi et donne a chacun l'ultime possibilité d'exister dans la société, et d'en tirer honneur et fiereté légitime. Cette bande de moules n'est bien entendu pas capable - ne fut ce qu'un seul instant - d'envisager l'humanité comme quelque chose de vivant, capable de souffrir et d'exprimer des sentiments. Bah.
Au Darfour, l’action des Nations unies et de l’Union africaine n’a pas été, loin s’en faut, à la hauteur des besoins d’une situation qui ne reçoit qu’une attention intermittente de la part de ces deux instances internationales », a poursuivi la secrétaire générale d’Amnesty International. Dans ce conflit qui a déjà coûté la vie à des milliers de personnes et contraint des millions d’autres à quitter leur foyer, toutes les parties en présence continuent de commettre des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité
De fait. Mais comment l'Union Africaine pourrait elle être à la hauteur lorsqu'on sait la dépendance des pays composant cette union au Fmi et aux dictats économiques occidentaux. On vendrait des armes à ceux qui mettent la zone tout en limitant l'aide aux instances chargées de les éliminer ? Noooon, parano que tout ça. Quoiqu'il en soit, des états africains empêtrés dans leurs difficultés n'ont guère de chance de rattraper leur retard sur les puissances industrielles occidentales...ce qui, vous le noterez comme moi, est tout profit pour les entreprises des dits occidentaux qui peuvent alors facilement profiter de l'ouverture obligée des marchés africains. Un peu comme si aux Jeux Olympiques certains pratiquaient le saut à la perche avec des ressort aux pieds, et les autres avec des cure-dents.
Lorsque les puissants sont trop arrogants pour réexaminer et réévaluer leurs stratégies, ce sont les pauvres et les faibles - ici des hommes, des femmes et des enfants irakiens - qui paient le prix fort
Les actes terroristes des groupes armés sont inexcusables et inacceptables. Leurs auteurs présumés doivent être traduits en justice, mais selon des procédures équitables et non par le biais de la torture ou de la détention secrète. La brutalité croissante des actes terroristes commis dans le monde l’année dernière vient hélas nous rappeler douloureusement que la “guerre contre le terrorisme” ne donne pas de résultats, et qu’il en sera ainsi tant que les droits humains et la sécurité humaine seront subordonnés aux stricts intérêts nationaux en matière de sécurité
Il serait tres bien d'étendre ce principe aux "erreurs" militaires, du genre bombardement de zone civile comme tout dernièrement en Afghanistan, et comme de trop nombreuses fois d'ailleurs en Irak, puisque c'est de ça que le rapport parle.
Des raisons d'espèrer ? Amnesty en voit quelques unes, et ces raisons nous concernent directement :
L’année écoulée a vu l’une des plus grandes mobilisations de la société civile dans la lutte contre la pauvreté et dans le combat pour les droits économiques et sociaux. Mais le sommet mondial des Nations unies, qui a examiné les progrès accomplis pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement, a révélé au grand jour la pitoyable incapacité des États à tenir leurs promesses. C’est ainsi que les gouvernements, tout en proclamant leur attachement aux droits fondamentaux des femmes, n’ont pas atteint les objectifs établis par la communauté internationale en vue de parvenir à l’égalité entre garçons et filles dans le système scolaire.
La pitoyable incapacité des Etats à tenir leur promesse. Sans blague ? on nous aurait menti depuis tant d'années ?
REtrouvez l'ensemble du rapport sur le site d'Amnesty : http://www.amnestyinternational.be/doc/article7955.html
Pour conclure cette article, voici le tour des demandes d'Amnesty International pour 2006. Ces demandes seront la base du rapport de 2007, selon le succes - ou non.
En 2006, Amnesty International demande notamment :
- aux Nations unies et à l’Union africaine, de tout faire pour résoudre le conflit au Darfour et mettre un terme aux atteintes aux droits humains qui s’y déroulent ;
- aux Nations unies, de négocier un traité relatif au commerce des armes, qui réglementerait le commerce des armes légères afin que celles-ci ne puissent pas être utilisées pour perpétrer des atteintes aux droits humains ;
- au gouvernement des États-Unis, de fermer le camp de détention de Guantánamo Bay, de rendre publics les noms des personnes détenues ailleurs dans le monde dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme » et de révéler les lieux où ces personnes sont privées de liberté ;
- au Conseil des droits de l’homme des Nations unies, récemment créé, de déployer tous ses efforts pour que tous les États se soumettent aux mêmes normes en matière de droits humains, qu’il s’agisse de les appliquer au Darfour ou à Guantánamo, en Tchétchénie ou en Chine.
L’autorité morale et politique des États va être de plus en plus jugée à l’aune de leur attitude vis-à-vis des droits de la personne, sur leur territoire comme à l’étranger, a souligné Irene Khan. Aujourd’hui plus que jamais, le monde a besoin que les pays puissants et influents au plan international
- les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et ceux qui souhaitent le devenir - se comportent de manière responsable et respectent les droits humains, plutôt que de chercher à s’en jouer.















Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.