Ce courant artistique né dans l'entre deux guerre a encore de "beaux" jours devant lui. [texte] [image]Le surréalisme n'est pas mort
"Surréalisme" est un mot né de la bouche du poète Guillaume Apollinaire avant sa mort en 1918. Ses amis Paul Eluard, Andre Breton, Philippe Soupault, Aragon et d'autres l'on repris pour créer ce mouvement Surréaliste.
Ce courant qui est d'abord exclusivement littéraire n'est pas basé sur l'esthétique. C'est une révolte, un cri, une recherche, une expérimentation.
Ces artistes écrivent déjà des articles dans les journeaux, ils s'interessent au monde. Aux yeux des surréalistes, l'artiste a une responsabilité politique et morale, son œuvre est susceptible de transformer l'Homme. « Nous n'acceptons pas les lois de l'Économie ou de l'Échange, nous n'acceptons pas l'esclavage du Travail, et dans un domaine encore plus large nous nous déclarons en insurrection contre l'Histoire. » (tract La Révolution d'abord et toujours). Ces principes débouchent sur l'engagement politique : certains écrivains surréalistes adhèrent, temporairement, au Parti communiste français.
Aucun parti, cependant, ne répondait exactement aux aspirations des surréalistes.
André Breton n'a pas de mots assez forts pour flétrir « l'ignoble mot d'engagement qui sue une servilité dont la poésie et l'art ont horreur. » Dès 1930, pourtant, Louis Aragon acceptait de soumettre son activité littéraire « à la discipline et au contrôle du parti communiste ». La guerre fit que Robert Desnos et Paul Eluard le suivirent dans cette voie pendant quelques années. Condamnation de l'exploitation de l'Homme par l'Homme, du militarisme, de l'oppression coloniale, des prêtres pour leur œuvre qu'ils jugent obscurantiste, et bientôt du nazisme, volonté d'une révolution sociale, et plus tard, dénonciation du pragmatisme de l'Union Soviétique, tels sont les thèmes d'une lutte que, de la guerre du Maroc à la guerre d'Algérie, les surréalistes ont menée inlassablement. Ils ont tenté la synthèse du matérialisme historique et du mysticisme, en se situant au carrefour de l'anarchisme, et de l'utopie marxiste, fermement opposés à tous les fascismes et aux religions.
Les surréalistes expérimentent, cherchent, s’inspirent des écrits de Freud. Il affirma la prééminence du rêve et de l’inconscient dans la création. Ce projet essentiellement littéraire, fut rapidement adapté aux arts visuels (la peinture, la sculpture, la photographie, le cinéma).

Leonora Carrington

Toyen
Le surréalisme dans les arts plastiques prolongea une tradition picturale où la rêverie, le fantastique, le symbolique, l’allégorique, le merveilleux et les mythes ont une part importante ; ces éléments étaient déjà présents dans les œuvres de Bosch et d’Arcimboldo, dans les anamorphoses et dans les grotesques, chez les préraphaélites anglais, dans les illustrations de William Blake et dans les tableaux de Gustave Moreau, des nabis, du Douanier Rousseau, d’Odilon Redon ou de Gustav Klimt. L’onirique, le choc visuel produit par la juxtaposition d’images ou d’objets incongrus, mais toujours agencés dans une production signifiante, sont l’un des fondements de la poétique surréaliste.

Magritte
Parmi les artistes contemporains admirés par les surréalistes figuraient Giorgio De Chirico, Marcel Duchamp, Francis Picabia et Pablo Picasso, bien qu’aucun d’eux ne fût jamais officiellement membre du groupe surréaliste.
Dès 1924, Max Ernst, Jean Arp et Man Ray adhérèrent au mouvement. Ils furent rapidement rejoints par André Masson et par Joan Miró. La première exposition surréaliste fut organisée par la galerie Pierre en 1925. Deux ouvrages, la Peinture au défi (1926) de Louis Aragon, puis le Surréalisme et la Peinture (1928) d’André Breton, dressèrent un bilan des activités du groupe : « L’œuvre plastique, écrivit Breton, pour répondre à la nécessité de révision absolue des valeurs réelles sur laquelle aujourd’hui tous les esprits s’accordent, se référera donc à un modèle purement intérieur ou ne sera pas. »

Dali
Parmi les derniers adhérents du groupe figurent encore l’Américain Yves Tanguy, le Belge René Magritte, le Suisse Alberto Giacometti, ainsi que le peintre espagnol Salvador Dalí, qui rejoignit le mouvement surréaliste en 1930. Hans Bellmer, Raoul Ubac, Oscar Dominguez et Victor Brauner vinrent également rejoindre le mouvement.

Chirico

Man Ray
Aux questions posées à "André Breton" sur l’exposition intitulée «La révolution surréaliste» au centre George Pompidou (juin 2002) qui enfermait le surréalisme dans une historicité de 1924 à 1943, celui-ci répondait :
Site à la démarche surréaliste qui vous permet de poser des questions à André Breton, Bouddha, Freud.... http://www.dialogus2.org/
Cher Monsieur,Je réponds sans plus tarder à la question que vous posez et qui porte sur mon sentiment à propos de l'actuelle exposition intitulée: la Révolution Surréaliste.
Je me contenterais de déplorer avec vous une volonté qui tend à enfermer le surréalisme, telle une curiosité de musée, dans une époque, opération qui tendrait à faire penser qu'il est, de ce fait, plus mort que vivant.
En ce qui concerne l'exposition elle-même, qui concerne le surréalisme des années 20 jusqu'à l'exil aux États-Unis auquel nous furent contraints, mes amis et moi-même, début 1940, je ne puis que vous dire qu'elle est la continuité d'un souci constant des critiques qui, depuis 1922, n'ont cessé d'annoncer la mort du surréalisme malgré son incontestable portée sensible et ceci à cause même de son pouvoir toujours inquiétant. Devenus plus habiles, ils se rangent désormais à la règle bourgeoise qui n'a de cesse de chercher à «récupérer» ses ennemis les plus actifs afin de les réduire, d'une manière ou d'une autre, au silence. Pour certains, le surréalisme sera toujours meilleur mort que vivant. En effet, cette réduction chronologique ne tend à rien moins qu'à occulter sa portée idéologique, le réduisant à des faits historiques sans aucune valeur. La cause est entendue. Il est certain que restreindre le surréalisme à une époque donnée (et par-là même à tenter d'en contenir les éventuels et dangereux débordements) travaille à en réduire le champ véritable.
Mais ceci ne devrait pas nous alarmer outre mesure puisque nous savons que, malgré cela, la pensée surréaliste, bien souvent déclarée morte, a continué à donner naissance à des expositions et à marquer son temps par des prises de positions politiques audacieuses avant de tracer à perte de vue la ligne de la modernité, américaine notamment, comme nous avons pu le constater avec les úuvres de Rothko, Pollock, MotherwellÖ et de tous ceux qui, aujourd'hui encore, se réclamant ou non du surréalisme, n'en sont pas moins ses héritiers. Cela seul suffirait à démontrer que le champ d'investigation qui est le nôtre s'est encore considérablement agrandi. À ce propos, l'absence de Toyen à l'exposition, que vous mentionnez, peut être mise au rang des sombres activités de la critique réductrice puisque son úuvre tendrait à démontrer les pouvoirs du surréalisme au-delà des frontières de la France, au même titre que les artistes précédemment cités. Ne nous trompons pas. Cette absence est loin d'être fortuite quand elle fige une pensée que certains voudraient marquée du sceau final et qui est, plus que jamais, vivante, telle le talisman enseveli qui dort toujours sous la terre.
Loin de nous affaiblir, ces jeux nous laissent garants de l'importance toujours actuelle des idées surréalistes et de leur caractère vivace.
Une exposition telle que la conçoivent les surréalistes est d'abord une entreprise de démolition et le surréalisme ne s'est jamais reconnu dans un ensemble d'oeuvres, qui plus est d'une période donnée. Une quelconque exposition artistique ne saurait refléter les activités et encore moins la pensée surréaliste car ici il est moins question d'art que de combat, ce dernier ne pouvant en aucun cas se réduire à une question d'esthétique, masquant pour toujours l'interrogation véritable, dont je dénonce d'ailleurs les dangers depuis 1930. Cette ombre jetée ne fait que nous montrer un nouveau signe de l'agonie de la culture gréco-latine dont le surréalisme n'est pas un des acteurs mais l'outil de démantèlement le plus actif dont les coups n'ont cessé jusqu'à aujourd'hui de retentir. J'ajoute que le surréalisme, à ses origines force de subversion, s'est manifesté sporadiquement à toutes les époques et dans tous les pays, qu'on ne peut lui assigner ni fin ni commencement. Dans des siècles, sera surréaliste tout ce qui visera à l'émancipation de l'esprit, non seulement par les moyens de la poésie et de l'art mais également par les visées politiques. Je rappellerais, à ce propos, l'urgence de la redécouverte, qui ne saurait tarder, de la pensée de Fourier. La dépolitisation actuelle du débat qui a cours autour de l'exposition parisienne est une autre façon d'occulter la portée du surréalisme, le réduisant à un simple mouvement artistique....
André Breton, Andre_Breton@dialogus2.org
http://www.dialogus2.org/BRET/larevolutionsurrealiste.html

Leonidas Kryvosej

Thor Linderneg
Le mouvement surréaliste serait mort en 1969, trois ans après la mort d'André Breton...Mais des artistes tels que Vincent Bounoure, ont refusé la dissolution du groupe. En effet, comment peut-on fermer ce mouvement comme on fermerait un livre ? Le surréalisme n’est pas une école littéraire ni une école de peinture. Il s’agit plutôt, comme l’avait si bien compris Walter Benjamin dans son essai sur le surréalisme de 1929, d’une illumination profane, inspirée par une idée radicale de la liberté, et visant rien de moins que de "gagner à la révolution les forces de l’ivresse". C'est pourquoi le surréalisme a sa place encore et toujours....
xSuRReALx

Alice Caroll

Esenka

Aëlore

Salmonofdoubt
http://www.lafilleduperenoel.net/index.php?cat=118
http://ed.surrealistes.free.fr/
http://perso.wanadoo.fr/mondalire/desnosbis.htm
http://www.monde-diplomatique.fr/2005/05/GILLE/12214















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