Les Contrats de la Honte

Les faits sont simples, et il faut les regarder au travers du prisme du quotient travail salarié – entreprise – niveau de vie. Quoiqu’on fasse avec cette formule, il s’agit toujours d’être limité par un plafond, le plafond de la richesse disponible.

En effet, imaginons un taux de liquidités disponibles en tant que X. X, vecteur du niveau de vie local, est produit par le travail et la plus value réalisée sur celui-ci. X doit être partagé entre le travailleur salarié et l’entrepreneur indépendant, de manière à ce que le pouvoir d’achat résultant s’aligne sur le niveau de vie en cours dans une région donnée. La conséquence immédiate est que si X diminue, le pouvoir d’achat le suit aussi sec, et le niveau de vie met un genoux à terre. La question se trouve alors sur le partage des liquidités…raboter sur le salariat, ou raboter sur le chiffre d’affaire de l’entreprise, du commerce.
Dans les deux cas, c’est une précarisation, une paupérisation à l’œuvre….soit le salarié voit son pouvoir d’achat diminuer, soit l’entreprise voit ses perspectives d’évolution mise à mal (dans le meilleur des cas).

CNE et CPE sont les outils pour précariser les salariés, et l'entrepreneur aurait grand tort de croire que c'est à son avantage, la précarisation n'est pas humainement productive, elle est donc par nature et à court terme improductive économiquement...Dans les faits, rien ne change, le plafond est toujours là, trop bas, le niveau de vie est instrumentalisé, variable selon les régions, les pays, mais toujours à un seuil plafonné et bien calculé., le taux de chômage élevé est toujours le levier agissant pour (plus ou moins) controler l'inflation, tout en permettant d'empêcher des revendications salariales à la hausse...si ça te plait pas, y'en a des millions qui attendent de prendre ta place.



Qui donc fixe ce fameux plafond « X » ? Le marché, c’est le responsable direct. La fameuse main invisible du marché est instrumentalisée par des pouvoirs supra-nationaux, aux mains des syndicats bancaires, et des grands groupes industriels multinationaux (et supra-nationaux par leur puissance économique).
Il est facile de comprendre qu’il est de l’intérêt direct des grands groupes financiers et industriels de maintenir un plafond « X » leur permettant de conserver et d’amplifier la croissance de leurs bénéfices. Le politique n’a aucun pouvoir par rapport aux instances supra-nationales, les Etats, les régions et les municipalités, d’ailleurs, font eux même appel au Marché pour lever les fonds nécessaires à toute entreprise publique d’envergure...ou plus simplement pour tenter de diminuer une dette étouffante (émission de bons d’épargne, etc…). Cette stratégie déjà utilisée par le passé n’a jamais rendu un prolétaire riche, ou un petit commerçant heureux, et la dette se creuse de toute façon, encore et encore.

Donc on nous impose un plafond « X », et on vient nous dire que si ce plafond ne permet pas une redistribution équitable des richesses, c’est forcément la faute d’une mauvaise gestion, d’un Etat trop cher, du coût du travail trop important…Le cercle est vicieux, le serpent se cogne la tête au plafond, et se mord la queue.

Dans les faits, la richesse produite par le salariat et les entrepreneurs nationaux s’évapore. Elle s’évapore en dividendes aux actionnaires (même sans la bourse, les CA vampires de petites entreprises suffisent), en remboursement des prêts (à la consommation ou à la production), en taxes diverses et variées, en consommation idiote et humainement improductive. Chômeurs, salariés, petit entrepreneurs, tous dans la même galère, ce n’est ni aux uns, ni aux autres d’assouplir leur position…C’est au Marché de le faire, c’est le Marché, cette main invisible que régit nos vie, qui se doit d’être plus souple…souple jusqu'à rencontrer la réalité de la vie des être humains, dans leur force, leurs faiblesses et leurs infinies variétés.

Au lieu de cela, nous sommes tous confrontés à un système ultra-rigide, sur lequel le pouvoir politique n'a plus aucune emprise, dont on nous cache bien les rouages essentiels. De l’ignorance de ces rouages, découle une division des oppressés, et par là, de leur capacité à s’unir pour exiger un Marché souple et humain. Quant à la question de savoir pourquoi le politique n'a plus de pouvoir, et surtout, pourquoi il n'a pas la décence de l'avouer au peuple, c'est simplement que le pouvoir et l'argent sont de puissants outils corrupteurs...ça en arrange beaucoup de voguer de conférence stupide en conférence idiote pour ne rien chanter d'autre qu'une douce mélopée aux oreilles des hauts bourgeois...c'est que les honoraires de conférence, ça rapporte un max ! Alors le politique préfère jouer le corporatisme, contre les intérets collectifs...ils préfèrent leurs intérets personnels de caste aux intérêts nationaux pour la défense desquels ils ont été élus par le peuple. En se battant becs et ongles pour le "préssssssieux" sésame électoral menant au pouvoir, les politiques sont les gollums de nos sociétés.

En fait, au sujet du peuple, on est tous dans une pièce trop petite au plafond trop bas. Si on veut vraiment trouver une solution, il faut abattre les murs et percer le plafond….à moins d’accepter de vivre en courbant l’échine devant des règles faites pour les puissants, contre les peuples, contre le travailleur, contre l’entrepreneur honnête.

Nos buts sont semblables : produire de la richesse pour atteindre un niveau de vie confortable, ainsi le salarié est le meilleur allié de l’entrepreneur, et inversement. Seulement voilà, le système à fait, fait, et fera que c’est la précarité qui est au tournant, on traira la vache à lait jusqu'à la moelle de ses os.

Tiens, pour conclure ce billet, La Fille du Père Noël a mis la main sur une belle idiotie...extrait :

"Sous la bannière de la lutte contre le « néolibéralisme », explique-t-il, l'adhérent français d'Attac cible en premier lieu le marché, c'est-à-dire le libéralisme dans sa dimension économique. Mais le même altermondialiste célébrera - c'est probable - la libéralisation des moeurs (le mariage homosexuel, par exemple), reprenant à son compte la dimension du libéralisme moral. Inversement, quand un militant « pro-life » américain se bat contre l'avortement, il dénonce la libéralisation des moeurs."

Citation de Pierre Rosanvallon, professeur au Collège de France....je ne te jette pas la pierre, Pierre, mais là c'est tout de même de l'imbécilité de très très haut niveau....comparer le libéralisme économique aux libertés des individus et à leur droit de disposer d'eux-même, c'est comme comparer un torchon et une choucroute...ça n'a strictement rien à voir, et ce n'est rien d'autre qu'une dialectique néo-libérale creuse et insipide....maintenant, si Pierre est convaincu de ce qu'il avance, alors c'est signe d'une grave pathologie, et je ne suis pas sur que ça puisse se soigner. :cat:

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