Résistance, revendication et répression, pour poursuivre dans la série, à travers le brouillard des lacrymo. 5 min de Loïc Wacquant pour illustrer le propos. [video] [texte]La Main droite de l’Etat
Répressive, paternaliste et pénale, n’ayant d’autre but que de légitimer le traitement policier de la misère, histoire d’imposer aux prolétaires et sous prolétaires une normalisation du salariat précaire, la Main droite de l’Etat, terminologie utilisée par Bourdieu, sert le néo libéralisme envers et contre l’Etat providence, tradition héritée de siècles de luttes.S’attaquant aux symptômes en non aux causes, la Main droite donne aux riches pour encore mieux exploiter le pauvre. N’oublie jamais, toi qui travaille, que le produit de ton travail est revendu à un prix supérieur de sa valeur réelle (de production). Cette plus value est la raison même du capitalisme : les bénéfices. Mais ces bénéfices, travailleur, tu n’en vois que les plumes irisées, affichées par les paons du cac40. Il n’y a rien qui horrifierait plus un capitaliste que de devoir investir ses bénéfices dans le bien être collectif. Si les œuvres de l’abbé Pierre avaient un intérêt économique, l’abbé dormirait aujourdhui au Vatican.
Paupérisation et précarité ont pour effet d’individualiser le rapport des individus au monde du travail, c’est la concurrence entre travailleurs. Mais cette violence initiale, provoquée par un système économique qui régit chaque aspect de notre vie, y compris et surtout dans les aspects vitaux (se nourrir, se loger) n’a pas que pour seul effet d’enfermer prolétaires et sous prolétaires dans un piège à con. Prolétaire, du latin « proletarius », est celui qui retire un salaire minimal de celui à qui il vend sa force de travail, il est parfois bon de le rappeler.[1]
Contrairement à ce que pense les cadors du néo-libéralisme, le peuple n’est pas qu’une masse informe qu’il suffit de savoir dompter. C’est aussi dans cette masse que se prépare les idées nouvelles. Les révolutions partent toujours d’en bas avant d’être reprisent à leur compte par de nouveaux accapareurs. C’est aussi dans cette masse que nait la violence, réaction à l’oppression, violence aveugle, sans direction précise, violence au jour le jour, selon les occasions qu’elle aura pour s’exprimer. C’est aussi dans cette masse que nous trouverons enfin les ressources humaines pour porter plus haut encore les droits égalitaires, progressifs et collectifs.
La société des humains ne saurait être autrement qu’une société dédiée à tous, sans distinction. Que de chemin parcourut depuis les Antiques Empires, la société humaine évolue en même temps que son savoir global. La lutte de l’égalité et de la fraternité ne saurait cesser tant que des privilégiés s’autoproclameront maîtres du monde et de ses ressources.
Non, ce n’est pas la rue qui gouverne dans une démocratie. Mais la rue, il faut l’entendre comme l’expression populaire. Lorsque les dirigeants refusent d’entendre l’expression même du peuple qu’ils représentent, ils se mettent en porte à faux avec lui, et provoquent inévitablement un sentiment révolutionnaire en son sein. Seul le nombre des matraques pourra, pour un temps, bloquer les revendications légitimes du peuple. Il ne saurait être de pire trahison que représenter le peuple sans écouter le peuple. C’est une trahison à l’intelligence, à la démocratie, à la liberté des peuples de disposer d’eux même. C’est une confiscation.Pour répondre brièvement à la réaction autiste entendue dans certains médias étrangers : « mais pourquoi les Français revendique plus de droits, ils en ont déjà plus que nous ? ». L’Angleterre fait les révolutions industrielles et économiques, la France fait les révolutions sociales et culturelles. Replacée dans son contexte historique, nous sommes toujours dans la longue chaîne des relations de cause à effet qui se déroule devant nous. Le Non à la récente constitution est probablement le signe le plus clair que cette période à débuté… on ne freine pas le progrès.
Mais il est important aujourdhui de comprendre que le peuple a été désuni par trop d’années d’individualisme forcené appuyé par une cohorte de grands médias prêt à assurer la propagande, la tromperie. N’en croyez rien, l’homme n’est pas fait pour travailler, il travaille pour améliorer son quotidien. Aujourdhui, vous travaillez pour améliorer encore le quotidien des plus riches. Précarité est synonyme d’exclusion, de mépris reçu en pleine face, de colère sourde et inexprimée. Il faut réunir le peuple dans son ensemble, reconstruire les liens séculaires, étudiants, travailleurs précaires, chômeurs et rmistes forment une puissance propre à renverser tous les obstacles. Ils parlent tous le même langage, le langage des opprimés.
Que les étudiants grévistes, représentants et défenseurs d’une cause juste n’oublient pas que l’énergie de leur jeunesse peut aussi servir à faire le premier pas vers toutes les branches de l’arbre des exclus. Celui qui fera se lever cette masse de millions de méprisés aura une puissance jamais vue dans la vieille Europe.
Et toi, le livreur de pizzas ou la distributrice de tracts de promo ? Et toi Le vendeur de hamburger ou la caissière des hyper ? Et toi qui subis l’oppression chaque jour, qui n’est représenté par personne, qu’attends tu donc ? Tu crois vraiment que d’accepter ton isolement et ton exploitation va t’ouvrir les portes d’une vie meilleure ? Si tu ne le réclames pas toi-même, personne ne le fera pour toi.
Le temps de la résignation est passé, l’Europe de demain, celle que ceux épris de la triptyque républicaine construiront, sera fraternelle et aura la peau rouge.
[1] A dire vrai, est désigné prolétaire à l’origine, celui qui exerce un travail manuel et en tire un revenu minimal. A notre époque de fin d’ère industrielle, cette notion s’étant à tous les travailleurs précaires, dans l’emploi et le salaire.
Liens :
http://www.homme-moderne.org/societe/socio/wacquant/index.html
http://fr.wikipedia.org/















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