Que faisait-il là, demande la police ?

A l'heure où j'écris, l'information n'aura échappé à personne. Outre l'inadmissible incurie policière, c'est aussi la méthode de diffusion de l'information qui est en cause. Il aura donc fallu 48 heures à l'info pour arriver sur les médias nationaux, alors que dès samedi soir, des témoignages faisait craindre le drame. Dimanche même, sur des forum internet indépendant, d'autres témoignages apparaissait. Or, il a fallu attendre lundi, vers 17 h, pour que l'info se généralise, et c'est vers 20 h que google relaye les articles des différents quotidiens français sur l'affaire.

Comment peut il être possible qu'il faille 48 heures à une information d'importance - la vie d'un homme est en jeu - pour être enfin diffusée ? Comment peut il être possible qu'aucun journaliste ne se soit inquiété du sort de cet homme dès qu'il fut évident que c'est d'un hopital dont il avait besoin ? Y'avait pas de caméra dans le coin ? pas de témoins ? Si, il y en avait, et trois tonnes encore.

Quoiqu'il en soit, rtl.fr diffuse sur sont site le témoignage d'un photographe belge, Bruno Stevens présent lors du drame, extrait écrit et sonore :

Il était 20h50, sur le terre-plein central au pied de la statue du Triomphe de la République. Depuis une heure, CRS et gendarmes mobiles ont reçu l’ordre d’évacuer la place. Ils chargent avec boucliers et casques, sous une pluie de projectiles. RTL a recueilli la version d’un photographe indépendant belge présent sur les lieux au moment des faits. "J’ai vu l’homme courir, poursuivi par le groupe de CRS, explique Bruno Stevens. Au bout d’une dizaine de mètres, les forces de l’ordre l’ont rattrapé. Immédiatement, ils ont commencé à le frapper avec leurs matraques de manière extrêmement violente. Les autres sont arrivés. Ils étaient une quinzaine autour de lui. A un moment donné, j’ai clairement vu qu’il avait reçu un coup en pleine face au niveau de l’œil droit. Il s’est alors effondré comme une masse. Les CRS ont continué à le frapper pendant trente secondes. Ils l’ont ensuite laissé sur place, comme un chien".



[edit] vidéo tirée du journal de france 3, ce 21 mars, édition 19/20 :


Cliquez sur "play" pour lancer la vidéo


La charge des CRS a été filmée de l’intérieur par un policier, caméscope au poing. Son film permettra peut-être aux enquêteurs de savoir réellement ce qui s’est passé...Nous devons réclamer la diffusion publique de cette vidéo, c'est bien la moindre des choses, la police et les crs doivent rendre des comptes

Nombre de témoignages, et des videos présents sur le net, montrent déjà que ce sont les manifestants eux même, face au peloton de robocops, qui se sont inquiétés du sort du syndicaliste, et ce sont eux qui ont alerté les secours...belle république, lorsque l'on sait que dans la formation des crs, on leur apprend qu'un crs a terre est plus important qu'une arrestation à effectuer....mais pas un manifestant, lui il peut rester à terre, baignant dans son sang.

"Un peloton de CRS était sur le terre-plein. Ils ont formé une sorte de 'tortue'. Je les ai vus avancer, ils prenaient des projectiles de derrière et des côtés. Ils ont avancé vers lui et sont clairement passés dessus. J'ai vu des coups de pied partir, j'en suis sûr", a raconté le photographe, Victor Tonelli.

Maintenant, le problème, c'est que tout ces témoignages recueillis ne collent en rien avec les versions officielles qu'on voudrait nous faire avaler. Que Cyril aie bu l'un ou l'autre verre ne change rien à l'affaire, ce n'est pas le sujet, qu'il se soit "frappé tout seul" relève de l'ineptie pure. Il nous faut des explications claires et précises, car il est nécessaire de faire toute la lumière sur cette affaire qui risque surtout d'envenimer tout le mouvement qui n'en demande pas tant.

«Il s'agit d'un mec bourré avec deux grammes d'alcool dans le sang, qui, soit s'est frappé tout seul, soit s'est pris un coup dans les échauffourées», déclare une source gouvernementale malheureusement non identifiée à ce jour, mais dont le culot et le mépris n'ont d'égaux que l'idiotie de cette déclaration.

Que faisait-il là, se demande la police ? Sais pas, il devait ramasser des fraises, ou déguster des moules....C'est qu'en plus de ça on se fouterait volontier de notre gueule. :mad:
Ca sent de plus en plus la chemise brune dans ce pays, le comportement des (ir)responsables politiques est indigne d'une démocratie.

Sincères amitiès au syndicaliste, à sa famille et à tout le mouvement anti-cpe. Espérons que Cyril s'en sorte, c'est le principal, sont état est alarmant, cependant.

Témoignages diffusés sur indymédia paris : dans de telles conditions il est difficile de ne pas faire de généralité...j'étais aussi place de la Nation, en face des CRS, ils m'ont foutue à terre & j'ai reçu des coups de pieds & de matraques...j'ai pu me relever, là je me suis pris les lacrymo, je n'y voyais plus rien mais j'ai réussi à m'éloigner de ces fous. Plus tard j'ai rejoint les manifestants, les CRS ont de nouveau chargé & cette fois ils nous ont arrêtées...le soit disant "motif" : lancé de projectiles sur ces pauvres CRS...c'était faux, d'ailleurs aucune charge n'a été retenue contre nous, mais nous sommes sorties qu'hier vers 11h & j'ai un arrêt de travail de 4jours...en bonus quelques insultes de keufs frustrées...ce genre de comportement de brutes ne risque pas de nous apaiser, bien au contraire !

Pour Sud-PTT, Cyril Ferez a été piétiné par les forces de l'ordre. L'IGS et le gouvernement "cherchent à le salir par tous les moyens", en évoquant son état d'ébriété, souligne le syndicat dans un communiqué. "Même si notre militant n'était pas à jeun, cela donnait-il le droit de tuer à la police? (...) Cette déclaration pue la haine et la désinformation. C'est indigne d'un gouvernement d'un pays démocratique", ajoute Sud-PTT. Et un regroupement de témoignages sur le site du Nouvel Obs

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